Sonus Faber Amati G5 : quand l’objet d’art devient instrument de musique
L’esprit Homage : une enceinte pensée comme un instrument
Les Sonus faber Amati G5 ne sont pas de simples colonnes acoustiques ajoutées à un catalogue déjà riche. Elles s’inscrivent dans la lignée de la collection Homage, cette famille d’enceintes qui rend hommage aux grands luthiers italiens. L’Amati G5 reprend ce langage, autant esthétique qu’acoustique, pour en faire un véritable instrument de reproduction musicale plutôt qu’un objet technique de plus dans un salon.
Son coffret en forme de luth, fabriqué à partir de multiples couches de bois soigneusement appariées puis recouvertes de couches successives de laque, illustre parfaitement cette philosophie. La forme et la matière ne sont pas là pour faire joli, mais pour contrôler les vibrations parasites, canaliser l’énergie de l’onde sonore et offrir une signature visuelle immédiatement reconnaissable. L’œil voit un objet d’art, l’oreille entend un instrument.
Lorsque l’on parle de l’Amati G5, il faut garder en tête que chaque détail, depuis la visserie jusqu’à la manière dont la laque est polie, participe au résultat final. Il ne s’agit pas seulement d’haute-fidélité au sens technique, mais d’un rendu profondément musical, capable de communiquer la texture d’un instrument, le souffle d’un interprète et l’acoustique d’une salle avec une facilité désarmante.
Une architecture 3.5 voies au service de la cohérence
Sous cette silhouette raffinée se cache une architecture 3.5 voies très élaborée. L’Amati G5 embarque un tweeter de 28 mm à dôme souple avec technologie Damped Apex Dome, un haut-parleur de médium de 150 mm en charge close et deux woofers de 220 mm chargés par un volume accordé via un système de type Stealth Ultraflex.
Le principe du 3.5 voies consiste à faire travailler l’un des woofers principalement dans l’extrême grave, tandis que l’autre couvre une bande de fréquences un peu plus large, jusqu’au bas-médium. Le haut-parleur de médium prend ensuite le relais dans la zone la plus sensible pour l’oreille, celle des voix, des cordes, des cuivres et du corps des percussions, avant de passer la main au tweeter dans l’aigu.
Les fréquences de coupure sont choisies pour répartir le travail des haut-parleurs de manière à la fois efficace et musicale. En pratique, cela se traduit par des transitions extrêmement fluides entre le grave, le médium et l’aigu, sans cassure artificielle ni impression de découpage de la bande passante. Les voix semblent sortir d’un seul et même transducteur, les instruments restent parfaitement ancrés dans l’espace, même lorsque la musique devient très dense.
Pour l’audiophile, cette architecture permet une écoute confortable, même à fort volume. L’enceinte semble respirer, sans dureté ni crispation. L’on peut passer d’un quatuor intimiste à une grande formation symphonique ou à un album de rock énergique sans ressentir la moindre contrainte mécanique ou la moindre frustration dynamique.
Le tweeter Damped Apex Dome : douceur, extension et précision
Le tweeter de l’Amati G5 est un dôme souple de 28 mm à forte motorisation, utilisant la technologie Damped Apex Dome. Sur un tweeter classique, le sommet du dôme peut entrer en résonance et générer un comportement en opposition de phase dans l’extrême aigu, ce qui limite l’extension et introduit une distorsion de phase subtile. Le principe du Damped Apex Dome consiste à amortir spécifiquement cette zone du dôme afin de supprimer ces comportements parasites.
Concrètement, cela offre deux bénéfices majeurs. D’abord, l’extension en fréquence monte très loin dans l’ultra-aigu, ce qui permet de reproduire correctement les harmoniques les plus fines des instruments et les micro-informations des réverbérations. Même si l’oreille ne perçoit pas consciemment ces fréquences très élevées, leur présence améliore la sensation de réalisme et d’ouverture. Ensuite, le registre aigu gagne en propreté temporelle : les attaques de cymbales, le frottement de l’archet sur une corde aiguë, le détail d’une réverbération artificielle deviennent plus lisibles, mieux détachés, sans dureté.
À l’écoute, cela se traduit par un aigu à la fois très détaillé et étonnamment doux. L’on perçoit plus d’informations qu’avec de nombreux tweeters métalliques, mais sans aucune agressivité. Sur des enregistrements parfois un peu durs, l’Amati G5 parvient à préserver l’énergie sans amplifier les défauts. Dans un salon aux surfaces réfléchissantes, plancher de bois, grandes fenêtres et murs de gypse, cette maîtrise de l’aigu fait toute la différence : la clarté est bien présente, mais sans brillance fatigante.
Le médium Intono : la zone où naît l’émotion
La nouveauté majeure de cette génération est l’introduction d’une technologie de charge du médium que la marque désigne comme Intono. Le haut-parleur de 150 mm est logé dans une chambre interne close à la géométrie spécifiquement étudiée pour réduire la pression acoustique interne dans une zone critique du spectre. Le but est de supprimer autant que possible les résonances de caisse et les ondes stationnaires qui colorent habituellement le registre médium.
Le médium est la zone où l’oreille humaine est la plus sensible. C’est là que se trouvent les voix, le corps des instruments et la majorité des informations utiles à la compréhension d’un message musical. Lorsque cette zone est parasitée par des résonances, l’oreille perçoit un voile, une coloration ou une légère dureté difficile à décrire mais extrêmement fatigante sur le long terme.
Grâce à cette approche Intono, l’Amati G5 offre un médium d’une transparence remarquable. Les voix semblent flotter librement entre les enceintes, sans épaisseur artificielle, mais avec un relief étonnant. L’on distingue plus clairement le placement des chanteurs dans un chœur, les inflexions d’un soliste, la résonance particulière de chaque salle d’enregistrement. Sur des enregistrements acoustiques, la différence est frappante : la guitare, le violoncelle ou le piano prennent une dimension presque tactile, comme si l’on pouvait visualiser la caisse de résonance.
Cette neutralité assumée ne tombe jamais dans la sécheresse. L’Amati G5 conserve cette chaleur typique du constructeur, cette légère onctuosité qui rend l’écoute agréable même à faible volume. Dans un usage domestique, cela permet de profiter pleinement de la musique tard le soir, à des niveaux raisonnables, sans perdre l’émotion ni la lisibilité.
Le grave Stealth Ultraflex : profondeur, contrôle et respiration
Dans le grave, l’Amati G5 s’appuie sur deux woofers de 220 mm dotés d’un moteur à double bobine et d’une membrane à base de cellulose et de matériaux composites. Ces haut-parleurs travaillent dans un volume accordé par un système de charge de type Stealth Ultraflex, une évolution du bass-reflex traditionnel.
Contrairement à un évent cylindrique classique, ce système adopte une géométrie interne sophistiquée qui favorise un flux d’air laminaire. L’objectif est de conserver un accord de grave très efficace tout en réduisant les turbulences d’air qui génèrent du bruit et de la distorsion. Le conduit se fond dans la base de l’enceinte, intégrée dans une structure en métal qui augmente en même temps la rigidité.
La réponse en fréquence descend ainsi dans le bas du spectre avec assurance. Dans la pratique, cela se traduit par une capacité à rendre non seulement la quantité de grave, mais surtout sa qualité. La frappe d’une grosse caisse reste nette, les lignes de basse électrique sont articulées note par note, les impacts de timbales ne se transforment pas en bourdonnements. Un piano à queue conserve l’assise et la profondeur de son registre grave sans épaissir artificiellement le message.
Dans une pièce de taille moyenne à grande, typiquement entre 25 et 50 m², l’Amati G5 remplit l’espace avec un grave ample, mais rarement envahissant si l’installation est bien pensée. Le système de charge sophistiqué aide à limiter l’excitation excessive des modes propres de la pièce, ce qui donne un grave plus maîtrisable. Cela ne dispense pas d’un positionnement réfléchi, mais l’enceinte se montre plus conciliante qu’une colonne de même calibre dotée d’un accord plus rudimentaire.
Filtrage et cohérence temporelle : la signature d’une enceinte aboutie
Le filtrage est l’un des éléments les plus déterminants dans une enceinte de ce niveau. Sonus faber utilise un filtre complexe de haute qualité, avec des composants triés sur le volet et une mise en phase soigneusement étudiée. Les fréquences de coupure sont choisies pour optimiser autant la répartition énergétique que la directivité des haut-parleurs.
Ce soin se ressent immédiatement sur l’image stéréo. La scène sonore projetée par l’Amati G5 est large, profonde et surtout très stable. Les interprètes conservent leur place, même lorsque l’on se décale légèrement hors de l’axe. Les plans sonores se superposent avec naturel : un chanteur au premier plan, un chœur quelques mètres derrière, des percussions latérales, une ambiance de salle qui enveloppe l’ensemble.
La cohérence temporelle a aussi un impact majeur sur la lisibilité des messages complexes. Sur un morceau de jazz ou de musique progressive, où plusieurs lignes mélodiques se croisent en permanence, l’Amati G5 parvient à tout rendre intelligible sans donner l’impression de forcer le trait. La musique coule, l’oreille suit spontanément les lignes principales tout en gardant accès aux détails secondaires. C’est cette capacité à concilier richesse d’information et facilité d’écoute qui fait la signature des grandes enceintes.
Sensibilité, impédance et choix d’amplification
Sur le plan électrique, l’Amati G5 se situe à un niveau de sensibilité confortable, autour de 91 dB pour 2,83 V à 1 mètre, avec une impédance nominale de 4 ohms. La puissance d’amplification recommandée s’étend sur une plage généreuse, de l’ordre de quelques dizaines de watts jusqu’à plusieurs centaines de watts par canal.
Une sensibilité de ce niveau signifie qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser un amplificateur surdimensionné pour obtenir un niveau réaliste dans un salon de taille standard. Un intégré de 80 à 100 watts de bonne qualité, doté d’une alimentation généreuse, peut déjà faire chanter l’Amati G5 avec aisance. En revanche, l’impédance de 4 ohms et les minima réels plus bas selon la fréquence exigent un amplificateur capable de fournir du courant sans faiblir.
En pratique, l’Amati G5 apprécie les électroniques stables sous 4 ohms, avec une alimentation dimensionnée pour tenir les doubles woofers sans compression dynamique. Un intégré haut de gamme bien conçu, un amplificateur à transistors en classe AB, une électronique en classe D moderne bien étudiée ou certains amplis à tubes puissants peuvent former des associations remarquables. L’enceinte révèle clairement la montée en gamme des électroniques : un changement d’ampli, de source ou même de DAC se ressent immédiatement.
L’audiophile y gagne une grande marge de progression. L’enceinte peut être le socle d’un système évolutif sur plusieurs années. Elle ne constitue pas un goulot d’étranglement, mais plutôt une fenêtre ouverte sur les qualités ou les défauts des maillons en amont.
Un coffret de luth : esthétique, rigidité et contrôle des résonances
Le choix d’un coffret en forme de luth, avec des flancs galbés et aucune surface parallèle, n’est pas qu’un clin d’œil à la tradition italienne. Cette géométrie permet de casser les ondes stationnaires internes qui tendent à s’établir entre deux parois parallèles. En réduisant ces phénomènes, on limite les colorations de caisse, notamment dans le médium.
La structure du coffret repose sur plusieurs couches de bois superposées, collées et cintrées. Cette construction multicouche augmente fortement la rigidité sans nécessiter des épaisseurs démesurées. Le coffret vibre beaucoup moins que sur une enceinte de conception plus simple, tout en restant relativement gracieux en termes d’encombrement. Les multiples couches de laque ajoutées en finition, outre leur rôle esthétique, contribuent également à la densité globale.
À l’écoute, ces choix techniques participent à cette impression de fond noir, de silence entre les notes. Lorsque la musique se tait, l’enceinte disparaît. Quand elle repart, la dynamique jaillit sans que le coffret ne donne l’impression de participer. Le grave est plus ferme, le médium moins coloré, l’image stéréo plus stable. Dans un salon au plancher de bois franc, cette maîtrise des vibrations structurelles aide aussi à limiter la transmission des basses vers la structure de la maison, ce qui améliore le confort de l’entourage.
Bornier, câblage et possibilités de bi-câblage
À l’arrière, l’Amati G5 propose un bornier haut de gamme permettant le bi-câblage ou la bi-amplification. Les connecteurs sont solidement fixés, conçus pour accepter des fiches bananes, des fourches robustes ou du câble nu de belle section. La qualité mécanique et la surface de contact de ces borniers jouent un rôle réel dans la continuité électrique du signal.
Le bi-câblage permet de séparer physiquement l’alimentation du registre grave et celle du médium-aigu. Dans certains systèmes, cela peut apporter un gain de lisibilité, de contrôle du grave ou de finesse dans le haut du spectre. La bi-amplification, quant à elle, consiste à alimenter les sections grave et médium-aigu avec deux amplificateurs distincts, ce qui peut décupler la dynamique disponible et affiner encore le contrôle des woofers.
L’Amati G5 n’impose pas le bi-câblage. Elle fonctionne parfaitement en simple câblage de qualité. Le fait d’avoir cette option offre toutefois à l’audiophile exigeant une belle latitude pour optimiser son installation au fil du temps.
Comportement dans la pièce : de l’appartement au grand salon
Même la meilleure enceinte du monde reste dépendante de la pièce dans laquelle elle joue. L’Amati G5 est conçue pour s’exprimer pleinement dans des environnements domestiques réalistes, depuis un salon d’une vingtaine de mètres carrés jusqu’à de larges espaces ouverts de 40 ou 50 m².
Grâce à sa sensibilité confortable, elle peut déjà s’exprimer dans un salon de condo typique, à condition de lui laisser un peu d’espace pour respirer. Une distance d’environ 60 à 80 cm par rapport au mur arrière et au moins 50 cm par rapport aux murs latéraux constitue souvent un bon point de départ. Un léger angle de toe-in permet de trouver le juste compromis entre focalisation du centre stéréo et largeur de la scène.
Dans une grande pièce ouverte, l’Amati G5 profite de son grave robuste pour remplir l’espace sans peine. Il sera parfois utile d’expérimenter davantage le recul par rapport au mur arrière pour éviter un excès d’énergie dans la zone 40–80 Hz, là où les résonances de pièce sont les plus sensibles. Une fois le bon compromis trouvé, l’enceinte disparaît littéralement derrière la musique, avec une image qui donne l’impression d’ouvrir une fenêtre sur la scène.
L’expérience d’écoute : comment les choix techniques s’entendent
Tous ces éléments techniques n’ont de sens que par leur impact à l’écoute.
Sur une voix solo bien enregistrée, l’Amati G5 livre un timbre d’une justesse remarquable. On perçoit la texture du grain vocal, la respiration entre les phrases, la manière dont le chanteur se rapproche ou s’éloigne du micro. Le médium Intono, combiné à la précision du tweeter DAD, donne une sensation de présence physique qui fait souvent dire que l’artiste est dans la pièce.
Sur un trio jazz, la contrebasse est ferme et articulée, le piano s’étale sur toute la largeur de la scène avec un très beau rendu des harmoniques, et la batterie profite d’un registre aigu très nuancé. Les cymbales ne sont jamais envahissantes, mais leur variété de timbre est magnifiquement mise en valeur. Le grave ne brouille pas le message, il structure la musique.
Sur un orchestre symphonique, l’Amati G5 déploie une dynamique ample, avec un sens des nuances qui permet de suivre l’orchestre du pianissimo au fortissimo sans perte de contrôle. Les cuivres gardent leur éclat sans devenir criards, les cordes bénéficient de cette chaleur latine, et les percussions explosent avec réalisme sans transformer le grave en chaos.
Sur des musiques plus denses, rock, électro ou bandes originales de films, le double woofer et la charge sophistiquée permettent à l’enceinte de garder son sang-froid. Même lorsque le volume grimpe, le grave reste tendu, l’image ne s’écrase pas, et l’on conserve cette impression de facilité qui distingue les grandes enceintes des modèles plus modestes.
L’Amati G5 est une enceinte capable d’accompagner un mélomane pendant des décennies. Elle pardonne les enregistrements imparfaits sans les édulcorer, récompense les belles prises de son, suit les évolutions des électroniques amont et reste, jour après jour, une source de plaisir musical renouvelé.

L’Amati G5 est-elle difficile à alimenter et quelle puissance d’ampli faut-il prévoir ?
Sur le plan des chiffres, l’Amati G5 affiche une sensibilité confortable et une impédance nominale de 4 ohms. Elle n’est donc pas particulièrement paresseuse, mais elle représente tout de même une charge sérieuse pour l’amplificateur. Un bon amplificateur intégré de 80 à 120 watts par canal peut déjà offrir une écoute très satisfaisante dans un salon de taille normale.
Pour un usage purement musical dans 25 à 35 m², un amplificateur de 100 à 150 watts par canal, stable sous 4 ohms et doté d’une alimentation généreuse, est un excellent point de départ. Dans une pièce plus vaste, ou si l’on souhaite régulièrement des niveaux proches de ceux d’un petit concert, il peut être judicieux de viser 200 watts ou plus, toujours avec des électroniques sérieuses. L’important n’est pas seulement la puissance nominale, mais la capacité de l’ampli à fournir un courant important sans perdre le contrôle, notamment dans le grave.
Quelle taille de pièce convient le mieux aux Sonus faber Amati G5 ?
L’Amati G5 se sent particulièrement à l’aise dans des pièces de 25 à 50 m². En dessous d’environ 20 m², elle peut fonctionner, mais il faudra redoubler de soin sur le positionnement et la gestion du grave pour éviter une surcharge. Au-delà de 50 m², elle reste capable de remplir l’espace, mais demandera une amplification plus robuste pour conserver la même sensation d’aisance et de contrôle.
Dans un condo ou un jumelé typique, un salon de 20 à 30 m² constitue un terrain de jeu idéal, surtout si l’on peut dégager un peu l’enceinte des murs. Dans une grande pièce ouverte, l’Amati G5 permettra de profiter d’une scène sonore large et profonde, tout en conservant un excellent impact dans le grave, à condition de prendre le temps de peaufiner le placement.
Faut-il ajouter un caisson de basses avec l’Amati G5 ?
Techniquement, l’Amati G5 descend déjà très bas dans le grave. Elle couvre confortablement la quasi-totalité des informations présentes dans la musique, y compris la plupart des notes de basse électrique, de piano, d’orgue et la majorité des effets de bandes-son. Pour une utilisation purement hi-fi, un caisson n’est donc pas indispensable. L’enceinte est conçue pour offrir un grave profond, articulé et rapide sans aide extérieure.
Cependant, certains mélomanes, amateurs de musique électronique, de cinéma maison ou de grandes orgues, peuvent rechercher une extension encore plus extrême ou un renfort dans les infra-graves. Dans ce cas, l’ajout d’un ou deux caissons de très haute qualité, parfaitement calibrés et raccordés en phase, peut apporter un plus. Il faut alors veiller à ce que le caisson soit au niveau de l’enceinte principale en termes de rapidité et de transparence, sinon le gain en extension se fait au détriment de la précision.
Les Amati G5 conviennent-elles au cinéma maison ou sont-elles réservées à la stéréo ?
L’Amati G5 est pensée avant tout comme une enceinte haute-fidélité de très haut niveau, mais rien ne l’empêche de servir de base à un système cinéma maison d’exception. Sa dynamique, sa tenue en puissance et sa capacité à créer une scène sonore crédible en font une candidate idéale pour la reproduction de bandes-son multicanales de qualité.
Dans un salon où la musique occupe une place centrale, il est tout à fait possible de construire un système 2.1, 3.1 ou 5.1 autour des Amati en frontales. Un amplificateur ou un processeur home cinéma de haut niveau, associé à des amplifications de puissance adaptées, permettra de bénéficier de dialogues parfaitement intelligibles, d’effets précis dans l’espace et d’une ampleur impressionnante dans les scènes d’action. Il faut simplement garder en tête que le reste de l’installation devra être calibré à la hauteur de ce que ces enceintes sont capables de délivrer.
À quelle distance les placer des murs et du point d’écoute ?
Il n’existe pas de règle absolue, mais quelques repères se dégagent. En général, l’Amati G5 apprécie d’être positionnée à environ 60 à 80 cm du mur arrière, mesurés depuis la face avant de l’enceinte, et à 50 cm ou davantage des murs latéraux. Ce recul permet au grave de se développer sans exciter trop brutalement les résonances de la pièce.
La distance au point d’écoute dépend de la largeur de la base stéréo. Pour une scène bien focalisée, il est souvent judicieux de former un triangle quasiment équilatéral : si les enceintes sont espacées de 2,5 mètres, le fauteuil d’écoute sera placé à environ 2,5 à 3 mètres. Un léger toe-in, où les enceintes sont tournées de quelques degrés vers le point d’écoute, permet d’ajuster la largeur de la scène et la précision du centre.
Dans la pratique, l’idéal est de réserver du temps pour des essais de positionnement, en déplaçant les enceintes de quelques centimètres à la fois et en réécoutant toujours les mêmes extraits. L’Amati G5 réagit clairement à ces changements : lorsque l’on trouve la bonne position, l’image se stabilise, le grave se resserre et les voix se détachent avec évidence.
Combien de temps de rodage faut-il prévoir ?
Comme toutes les enceintes haut de gamme utilisant des haut-parleurs à suspensions élastiques et des composants de filtre de qualité, l’Amati G5 a besoin d’un certain temps pour donner tout ce qu’elle a à offrir. Les premières heures d’écoute laissent déjà entrevoir son potentiel, mais la mécanique des suspensions, des spiders et même certains matériaux du coffret continuent de se stabiliser progressivement.
Il est raisonnable de prévoir entre 150 et 300 heures de fonctionnement pour atteindre un niveau de maturité proche du maximum. Pendant cette période, le grave gagne en profondeur et en souplesse, le médium s’ouvre, l’aigu se détend. Le rodage peut se faire tout simplement en écoutant de la musique à des volumes variés, en évitant de pousser trop fort dès les premiers jours. Beaucoup d’utilisateurs remarquent une nette évolution après les 50 premières heures, puis une progression plus lente mais encore perceptible pendant quelques semaines.
Quelles électroniques se marient le mieux avec l’Amati G5 ?
La personnalité de l’Amati G5 est chaleureuse, raffinée et très résolutive. Elle met volontiers en valeur les électroniques capables de respecter cette philosophie. Un amplificateur trop brillant ou trop sec risque de déséquilibrer le résultat et de gommer la richesse harmonique que l’enceinte sait si bien reproduire.
En pratique, un amplificateur intégré haut de gamme bien construit, qu’il soit à transistors ou à tubes, constitue une excellente base. Les électroniques à transistors offrant un grave ferme, un médium légèrement chaleureux et un aigu bien tenu se marient souvent très bien avec l’Amati. Certains amplis à tubes puissants, dotés de transformateurs de sortie de haute qualité et stables sur 4 ohms, peuvent créer une synergie presque magique, avec un médium d’une humanité saisissante.
Côté sources, l’enceinte ne pardonne pas les compromis trop marqués. Un lecteur réseau ou un DAC sérieux, doté d’une bonne horloge et d’une alimentation travaillée, permet de profiter pleinement du potentiel de résolution de l’Amati G5. Les différences entre appareils deviennent très audibles, ce qui incite à soigner l’ensemble de la chaîne.
Les câbles d’enceintes ont-ils une influence audible avec l’Amati G5 ?
À ce niveau de performance, les câbles ne vont pas transformer une installation moyenne en système d’exception, mais ils peuvent clairement affiner le résultat. L’Amati G5 est suffisamment transparente pour mettre en évidence les différences de construction, de section et de géométrie entre les câbles.
Un câble de bonne section, correctement conçu, avec une résistance série faible et une capacité maîtrisée, permettra de préserver la dynamique, le contrôle du grave et la finesse du haut du spectre. Sur une paire d’Amati G5, un câble médiocre, trop fin ou mal construit, peut introduire une petite rugosité dans l’aigu, un grave moins tendu ou un léger voile dans le médium. À l’inverse, un câble de qualité, bien adapté à la longueur et à l’impédance de l’enceinte, contribuera à laisser passer toute l’information sans colorer le message.
Ce n’est pas le poste à traiter en premier, l’acoustique de la pièce et le choix de l’amplification restant prioritaires, mais lorsque le reste du système est à niveau, la réflexion sur le câblage devient un levier pertinent pour aller chercher les derniers pourcents de performance.
Comment entretenir le coffret en bois et le cuir des Amati G5 ?
Le coffret en bois véritable et la garniture en cuir font partie intégrante de la signature Sonus faber. Pour qu’ils conservent leur beauté au fil des années, il est recommandé de les entretenir avec douceur. Un chiffon microfibre sec ou légèrement humide suffit dans la majorité des cas pour enlever la poussière et les traces légères.
Il vaut mieux éviter les produits ménagers agressifs, les sprays contenant des solvants ou des silicones, qui peuvent altérer la finition ou laisser des résidus. Pour le cuir, un nettoyage doux avec un chiffon adapté, éventuellement complété par un soin spécifique pour cuir de qualité, appliqué avec parcimonie, permettra de préserver sa souplesse et sa teinte. Enfin, il est préférable d’éviter une exposition directe et prolongée à un soleil trop agressif, afin de limiter la décoloration à long terme.
L’investissement dans une paire d’Amati G5 conserve-t-il sa valeur dans le temps ?
Une enceinte comme l’Amati G5 représente un investissement important. Elle se situe clairement dans le segment du très haut de gamme, avec un positionnement tarifaire à la hauteur de son niveau de conception, de fabrication et de finition. Si l’on observe l’historique de la marque et de la série Homage, ces modèles conservent en général bien leur valeur sur le marché de l’occasion, précisément parce qu’ils sont recherchés par des mélomanes avertis.
La qualité de fabrication, la signature sonore intemporelle et la réputation de Sonus faber contribuent à limiter la décote par rapport à des produits plus anonymes. À long terme, l’Amati G5 se comporte plus comme un objet durable, que l’on garde souvent de nombreuses années, que comme un simple appareil électronique soumis à une obsolescence rapide. C’est d’ailleurs l’un de ses principaux atouts : elle peut devenir le cœur d’un système qui accompagne toute une vie d’écoute.

Système 3.5 voies
Un système 3.5 voies, comme celui adopté par l’Amati G5, désigne une architecture où deux woofers se partagent la reproduction du grave, l’un travaillant dans l’extrême bas du spectre tandis que l’autre monte un peu plus haut, jusqu’à la jonction avec le médium, lui-même chargé de la bande centrale avant de passer la main au tweeter dans l’aigu. Ce découpage permet d’optimiser la plage de fonctionnement de chaque haut-parleur pour qu’il travaille dans la zone où il est le plus linéaire et le plus confortable.
Sur le plan sonore, cela se traduit par un grave plus profond et mieux contrôlé, un médium plus propre et un raccord plus fluide entre les registres. Le double woofer de grande taille gère les fortes demandes en énergie dans le bas du spectre sans contraindre le médium à se battre pour suivre. L’image reste stable, même lorsque la musique devient dense, et l’oreille perçoit une sorte de facilité permanente, comme si l’enceinte jouait en dessous de ses limites.
Pour en tirer le meilleur, il est important de choisir une amplification capable de tenir une charge complexe. Un amplificateur stable sous 4 ohms, avec une alimentation généreuse, associé à un câblage d’enceintes de bonne qualité, permettra au système 3.5 voies d’exprimer toute sa cohérence.
Tweeter Damped Apex Dome
Le tweeter Damped Apex Dome est une technologie visant à améliorer le comportement d’un dôme souple dans l’extrême aigu. Sur un tweeter conventionnel, le sommet du dôme tend à vibrer en opposition de phase avec le reste de la membrane aux très hautes fréquences, ce qui limite l’extension et complique la phase. Le principe du Damped Apex Dome consiste à amortir précisément cette zone de l’apex pour neutraliser ce comportement.
L’impact est double. L’extension dans l’ultra-aigu devient plus linéaire, ce qui améliore la reproduction des harmoniques, des réverbérations et des micro-détails. En parallèle, l’aigu gagne en propreté temporelle, avec des attaques plus nettes, moins de sibillance et une fatigue auditive fortement réduite, même sur de longues écoutes.
Pour exploiter ce tweeter au mieux, il est recommandé de soigner la hauteur d’écoute et l’orientation de l’enceinte. Une oreille située approximativement à la hauteur du tweeter, avec un léger toe-in, permet de profiter d’un équilibre idéal. Limiter les surfaces très réfléchissantes à proximité immédiate de l’enceinte renforce encore la pureté du haut du spectre.
Technologie Intono
La technologie Intono concerne la manière dont le haut-parleur de médium est chargé à l’intérieur du coffret. Plutôt que d’utiliser une simple chambre close rectangulaire, le constructeur a conçu une structure interne spécifique qui réduit la pression acoustique dans une plage de fréquences critique. Ce traitement limite la formation d’ondes stationnaires et de résonances internes.
Sur le plan sonore, l’Intono se traduit par une transparence accrue dans le médium. Les voix deviennent plus naturelles, moins colorées, avec moins de dureté ou de bosse de présence artificielle. Les instruments à registre médian gagnent en justesse, la scène sonore se clarifie et la fatigue d’écoute diminue nettement.
Pour en récolter les bénéfices, il est important de ne pas ruiner ce travail en collant l’enceinte contre un mur qui renverrait immédiatement l’énergie du médium vers l’auditeur. Un recul raisonnable, associé à un traitement minimal de la pièce, permet à la neutralité du médium Intono de s’exprimer pleinement.
Système Stealth Ultraflex
Le système Stealth Ultraflex est une évolution sophistiquée du principe de bass-reflex. L’accord du grave est réalisé par un conduit à la géométrie étudiée pour favoriser un flux d’air laminaire. En lieu et place d’un simple tube, on utilise une structure interne intégrée à la base de l’enceinte, qui gère la compression et la décompression de l’air avec un minimum de turbulences et de bruit.
L’impact sonore se perçoit dans la propreté et l’articulation du grave. La descente est profonde, mais surtout bien tenue. Les notes ne traînent pas les unes sur les autres, les impacts restent nets, même à volume soutenu. Le souffle d’évent, ce chuintement parfois audible sur des conceptions plus simples, est ici quasiment absent.
Pour optimiser le fonctionnement de ce système, il est conseillé de laisser un dégagement suffisant derrière et autour de l’enceinte. Tester différentes distances au mur arrière permet de trouver le meilleur compromis entre extension du grave et contrôle des résonances de la pièce. Un positionnement soigné est le meilleur allié du Stealth Ultraflex.
Sensibilité
La sensibilité d’une enceinte, exprimée en décibels pour une tension ou une puissance donnée, décrit le niveau sonore qu’elle est capable de produire à partir d’un signal standard. Une sensibilité élevée signifie qu’il faut moins de puissance pour obtenir un volume donné, tandis qu’une sensibilité plus faible exige davantage d’énergie de l’amplificateur.
Dans le cas de l’Amati G5, une sensibilité autour de 91 dB représente un excellent compromis. L’enceinte n’est ni particulièrement difficile ni outrageusement facile à alimenter. Cela laisse la porte ouverte à une large palette d’amplificateurs, tout en préservant une marge confortable pour les crêtes dynamiques. À l’écoute, cette sensibilité contribue à la sensation d’aisance et de réserve.
Les bonnes pratiques consistent à choisir un amplificateur dont la puissance et la qualité de conception correspondent à la taille de la pièce et au niveau d’écoute souhaité. Disposer d’un peu de marge évite à l’ampli de travailler constamment à sa limite, ce qui préservera la dynamique et limitera la distorsion.
Impédance nominale 4 ohms
L’impédance nominale d’une enceinte indique la résistance moyenne qu’elle oppose au courant fourni par l’amplificateur. Une enceinte de 4 ohms demande plus de courant qu’une enceinte de 8 ohms pour un même niveau sonore. Dans la réalité, cette impédance varie avec la fréquence et peut présenter des minima plus bas.
Avec une impédance nominale de 4 ohms, l’Amati G5 impose une certaine exigence à l’amplification. Si l’amplificateur est correctement dimensionné, le résultat est un grave mieux contrôlé, des transitoires plus nets et une dynamique globale pleinement respectée. Un ampli en difficulté, au contraire, se traduira par un grave mou, un médium qui se comprime et un aigu qui durcit.
Les bonnes pratiques consistent à choisir des électroniques clairement indiquées comme stables sous 4 ohms, à surveiller la ventilation de l’amplificateur et à éviter les câbles d’enceintes trop fins ou excessivement résistifs, qui ajouteraient une difficulté supplémentaire.
Charge close du médium
La charge close du haut-parleur de médium signifie que celui-ci travaille dans un volume hermétique, sans évent ni ouverture vers l’extérieur. Cette approche permet de contrôler précisément le comportement du haut-parleur dans la zone la plus critique pour l’oreille humaine.
L’impact sonore se traduit par un médium plus propre, plus rapide et moins soumis aux résonances de caisse. Les voix, les instruments à cordes et les vents gagnent en transparence et en justesse. La transition avec le tweeter et les woofers se fait plus naturellement, avec moins de coloration.
Pour profiter de cette charge close, il est utile d’éviter une pièce entièrement nue et très réverbérante. Un minimum de matériaux absorbants, un tapis, des rideaux et quelques éléments diffusants permettront de préserver la finesse de ce travail interne.
Filtre à phase cohérente
Un filtre à phase cohérente vise non seulement à distribuer les bonnes fréquences à chaque haut-parleur, mais aussi à s’assurer que les signaux arrivent au bon moment. Le but est que les fronts d’onde s’additionnent correctement dans la zone d’écoute, plutôt que de se contredire partiellement.
L’impact audible est considérable sur l’image stéréo et la précision des attaques. La scène sonore apparaît plus stable, les sources sont mieux localisées, les transitoires rapides, comme un coup de caisse claire ou une corde pincée, conservent leur impact sans flou. L’oreille perçoit un message plus cohérent, plus naturel.
Pour exploiter cette cohérence de phase, il est important de placer les enceintes de manière symétrique par rapport au point d’écoute et de respecter autant que possible l’égalité des distances entre l’auditeur et chaque enceinte. Un simple mètre ruban et quelques minutes de vérification peuvent faire une différence très nette.
Bi-câblage et bi-amplification
Le bi-câblage consiste à relier séparément la section grave et la section médium-aigu de l’enceinte à l’amplificateur en utilisant deux paires de câbles distinctes, tout en conservant un seul ampli. La bi-amplification pousse le concept plus loin en utilisant deux amplificateurs différents, un pour le grave et un pour le médium-aigu, chacun dédié à une partie du filtre.
Dans le cas d’une enceinte comme l’Amati G5, le bi-câblage peut se traduire par un grave légèrement plus ferme et un haut du spectre plus dégagé, en particulier lorsque l’amplificateur est sensible à la charge. La bi-amplification, lorsqu’elle est bien réalisée avec deux amplis de qualité, apporte une marge dynamique supplémentaire et un contrôle encore plus serré du bas du spectre.
Les bonnes pratiques recommandent de considérer le bi-câblage ou la bi-amplification comme des étapes d’optimisation avancées. Il est préférable de commencer par un excellent amplificateur en simple câblage, bien adapté à l’enceinte, puis d’envisager ces raffinements une fois que le système est déjà cohérent et équilibré.
Avec l’Amati G5, Sonus faber propose une enceinte qui réussit à marier le raffinement esthétique, la sophistication technique et une musicalité profondément aboutie. Bien installée, bien alimentée et intégrée dans une chaîne cohérente, elle cesse d’être un simple produit pour devenir le cœur vivant d’un système qui donne envie de redécouvrir toute sa discothèque, soir après soir.
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Christian Lafleur | Chroniqueur spécialiste Audio/Vidéo
« Passionné de musique et de haute-fidélité depuis plus de 20 ans, j’ai accompagné de nombreux mélomanes dans le choix de leurs systèmes audio. Avant de me joindre à l’équipe de Laliberté Électronique en juin 2025, j’ai occupé les fonctions de concepteur-rédacteur et chroniqueur en audio/vidéo de 1990 à 2002, puis de conseiller haute-fidélité et directeur des ventes & marketing chez Audiolight de 2002 à 2025. Aujourd’hui, à travers mes blogues, je mets à profit mon expérience et ma passion pour partager mes découvertes, conseiller et inspirer tous ceux qui souhaitent vivre une expérience d’écoute unique. »
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