Martin Logan Classic ESL9, 11A, 13A et 15A : même signature, quatre personnalités bien distinctes
Pour bien comprendre la famille pour choisir la bonne électrostatique
Au premier coup d’œil, les enceintes Martin Logan électrostatiques peuvent sembler similaires et ne se différencier que de par leur taille. Pourtant, derrière ce style commun, se cachent des personnalités bien distinctes.
Ce qui les unit d’abord, c’est un ADN technologique commun. Chaque modèle fait appel au fameux panneau électrostatique XStat CLS, à la structure AirFrame Blade en aluminium extrudé, à la membrane ultrafine tendue entre deux stators métalliques perforés, et au rayonnement dipôle avant/arrière. Cette colonne transparente qui semble flotter dans la pièce, ce médium-aigu d’une pureté étonnante et cette image sonore qui se détache littéralement des enceintes, tout cela est commun à la famille. On est bien chez Martin Logan, avec cette sensation d’écouter à travers une grande “fenêtre sonore” plutôt qu’un haut-parleur traditionnel.
Là où les chemins se séparent, c’est dans la gestion du grave, la taille du panneau, la puissance intégrée et, au final, la capacité de chaque modèle à remplir une pièce donnée. La Classic ESL 9 joue la carte de la simplicité et du purisme avec une architecture entièrement passive. L’Impression ESL 11A ajoute un grave actif et la correction de pièce, devenant une sorte de point d’équilibre idéal pour un salon haut de gamme. L’Expression ESL 13A pousse plus loin la dimension “grande scène sonore” avec des woofers plus imposants. Quant à la Renaissance ESL 15A, elle incarne l’aboutissement, la grande électrostatique pensée pour les pièces les plus généreuses, celles où l’on veut vraiment retrouver des sensations de salle de concert.
L’objectif de cet article est justement de vous permettre de lire ces quatre modèles, de comprendre ce qu’ils ont en commun et ce qui les différencie, afin de choisir celui qui correspond réellement à votre pièce, à votre niveau d’écoute et à votre manière de vivre la musique au quotidien.
Technologies communes : ce qui fait qu’on reconnaît une Masterpiece au premier morceau
Avant d’entrer dans les spécificités de chaque modèle, il est important de bien comprendre les bases communes, car ce sont elles qui façonnent la signature Martin Logan.
Le cœur de chaque enceinte est un panneau électrostatique XStat CLS. Au lieu d’utiliser un cône et une bobine mobile, Martin Logan tend une membrane extrêmement fine, quasi transparente, entre deux grilles métalliques perforées. La musique est appliquée sous forme de haute tension sur ces stators, et le champ électrique ainsi généré fait vibrer la membrane. Comme elle est très légère, elle réagit instantanément aux micro-variations du signal. À l’écoute, cela se traduit par une distorsion extrêmement faible, une rapidité incroyable sur les transitoires et, surtout, un médium d’une transparence rare. Les voix, les cordes, le piano semblent se matérialiser dans la pièce avec un naturel qui surprend, même quand on est habitué à de bonnes enceintes traditionnelles.
La mention CLS, pour Curvilinear Line Source, renvoie à la courbure caractéristique du panneau. Il ne s’agit pas d’un simple effet esthétique : cette courbure contrôle la dispersion horizontale du son. Là où un panneau parfaitement plat serait très directif, la forme incurvée permet d’obtenir une zone d’écoute utilisable plus large, tout en conservant une focalisation précise. Concrètement, cela veut dire que vous n’êtes pas obligé de rester vissé strictement “pile au milieu” pour profiter d’une belle scène sonore. Sur un canapé de deux ou trois places, plusieurs auditeurs peuvent partager une image stéréo crédible.
Autre élément commun : la structure AirFrame Blade. C’est le cadre en aluminium extrudé qui encadre le panneau et le relie à la base de grave. Il est conçu pour être à la fois extrêmement rigide, afin de ne pas ajouter de vibrations parasites, et visuellement discret. Vu de face, on a vraiment l’impression que le panneau flotte dans l’air, ce qui contribue à cet effet de “disparition” des enceintes. Vu de profil, on perçoit mieux la sophistication mécanique, mais en usage réel, ce qui reste, c’est l’impression d’un rideau de son suspendu dans l’espace.
Enfin, tous ces modèles rayonnent en dipôle : autant d’énergie vers l’avant que vers l’arrière, beaucoup moins sur les côtés. Cette caractéristique joue un rôle important dans la manière dont la musique se développe dans votre pièce. Les premières réflexions latérales, souvent responsables d’un flou de l’image stéréo, sont atténuées, tandis que le mur arrière devient un élément actif de la scène sonore, créant profondeur et ambiance. C’est pour cela qu’on recommande toujours de décoller ces enceintes du mur : plus elles ont d’air derrière elles, plus la scène gagne en relief.
Classic ESL 9 : la porte d’entrée passive pour les puristes
La Classic ESL 9 est la plus “classique” dans l’esprit, et ce n’est pas un hasard si son nom commence par “Classic”. C’est la seule des quatre à rester intégralement passive. Elle combine un panneau XStat CLS de belle taille avec deux woofers de 8 pouces à cône aluminium, montés en opposition dans la base. Le filtrage est assuré par un réseau passif soigneusement conçu, sans amplification ni traitement numérique intégrés.
Ce choix de conception plaira particulièrement aux amateurs de systèmes hi-fi “à l’ancienne”, qui aiment garder la main sur tous les maillons. L’amplificateur que vous choisissez alimente à la fois le panneau et les woofers. Son caractère, sa réserve de courant, sa manière de tenir le grave, tout cela se retrouve directement à l’écoute. Pour certains passionnés, c’est un plaisir : on peut peaufiner le mariage en changeant d’ampli, en travaillant sur l’alimentation, et ressentir chaque évolution.

Sur le plan sonore, la Classic ESL 9 incarne déjà pleinement l’esthétique Martin Logan. Le médium est splendide, avec cette clarté et cette fluidité qui rendent les voix presque palpables. Les aigus sont détaillés mais jamais agressifs, avec un côté aérien très séduisant. Le grave, lui, est rapide, articulate et parfaitement en phase avec le reste du spectre. Il descend suffisamment pour donner du poids à un piano, à une contrebasse ou à un kick de batterie bien enregistré, sans chercher à rivaliser en pur impact physique avec les modèles à grave actif.
En termes de pièce, la Classic ESL 9 est idéale pour des salons de 15 à 25 m², que ce soit en maison ou en condo. Elle peut fonctionner dans plus grand, mais c’est dans ces volumes qu’elle trouvera le meilleur équilibre entre ampleur, confort d’écoute et facilité de placement. En condo, son grave très propre et son absence d’infra-graves surdimensionnés sont souvent un avantage pour cohabiter sereinement avec les voisins, tout en profitant d’une qualité de restitution très haut de gamme.
Impression ESL 11A : le point d’équilibre pour un salon haut de gamme
Avec l’Impression ESL 11A, on entre dans les modèles hybrides actifs. Le panneau s’élargit à 11 pouces de large, ce qui augmente la surface rayonnante, et la section de grave change radicalement de philosophie. On retrouve deux woofers de 8 pouces, mais cette fois-ci chacun dispose de sa propre amplification en classe D, de forte puissance, pilotée par un DSP 24 bits. La grande différence, c’est que votre amplificateur n’alimente plus le grave : il ne s’occupe que du panneau électrostatique.
À l’écoute, le changement est immédiatement perceptible dans le bas du spectre. Le grave gagne en autorité, en profondeur et en contrôle. Là où la Classic ESL 9 privilégie un grave très “acoustique”, rapide et plutôt sobre, l’ESL 11A ajoute une dimension physique supplémentaire. Les grosses caisses, les basses électriques, les synthés, les percussions prennent davantage d’ampleur, tout en restant parfaitement lisibles. On a vraiment la sensation que l’enceinte a plus de “réserve” dans le bas, qu’elle respire plus facilement sur les grands écarts dynamiques.
L’autre atout majeur de l’ESL 11A, c’est la présence de la correction de pièce Anthem Room Correction (ARC) intégrée à la section grave. En pratique, cela signifie que vous pouvez analyser la réponse de vos enceintes dans votre salon à l’aide d’un micro, puis laisser le DSP appliquer des corrections précises pour compenser les bosses et les creux liés à l’acoustique. Le résultat est un grave nettement plus linéaire et mieux intégré à la pièce, ce qui fait une énorme différence dans des environnements réels, surtout quand les murs, les ouvertures et le mobilier ne sont pas idéalement placés.
Dans un salon de 20 à 35 m², l’Impression ESL 11A se comporte ainsi comme une vraie enceinte “tout terrain” de haut niveau. Elle est assez fine pour rester élégante dans un salon moderne, assez transparente pour ravir un audiophile exigeant, et assez polyvalente pour passer d’un album de jazz intimiste à un blockbuster hollywoodien sans jamais sembler à l’étroit. Pour un client qui veut “faire un grand coup” avec une paire d’enceintes principale unique et durable, c’est typiquement le modèle qui revient très souvent dans la discussion.

Expression ESL 13A : la grande scène sonore prend ses aises
L’Expression ESL 13A reprend le principe de l’ESL 11A, mais en l’amplifiant, dans tous les sens du terme. Le panneau passe à 13 pouces de large. Cette augmentation peut paraître modeste sur le papier, mais en termes de surface rayonnante, cela change beaucoup de choses. La quantité d’air mise en mouvement augmente, la capacité de l’enceinte à remplir la pièce aussi, et la scène sonore gagne en ampleur.
Dans la base, les woofers passent à 10 pouces, toujours au nombre de deux, toujours associés à une amplification de forte puissance en classe D et au DSP 24 bits. Le grave descend plus bas, avec plus de facilité. Sur des grands orchestres, des bandes originales de films, des concerts de rock ou de musique électronique, cette différence se traduit par un bas du spectre plus souverain, moins sujet à la saturation à haut niveau. On sent que l’enceinte garde de la marge même quand on pousse un peu le volume.
La scène sonore, quant à elle, prend une dimension plus “cinématographique”. Le panneau plus large donne une sensation de largeur et de hauteur accrues. La zone dans laquelle les voix se matérialisent au centre, les instruments se placent à gauche et à droite, et les ambiances de salle viennent envelopper l’auditeur, tout cela s’agrandit. Dans une pièce un peu plus grande, c’est extrêmement plaisant : on a vraiment la sensation que la musique se déploie sans contrainte entre les enceintes, en hauteur et en profondeur.
L’Expression ESL 13A s’adresse clairement à des pièces plus généreuses que l’ESL 11A. On peut envisager un salon de 25 à 40 m², voire plus si l’acoustique est bien maîtrisée. C’est aussi un modèle formidable pour une grande pièce de vie à aire ouverte, à condition de pouvoir placer correctement les enceintes et de profiter d’une distance d’écoute confortable. En home cinéma haut de gamme, l’ESL 13A sur les canaux frontaux donne une base absolument spectaculaire pour une expérience très immersive.
Renaissance ESL 15A : l’expérience de salle de concert à domicile
La Renaissance ESL 15A occupe le sommet de cette gamme. C’est l’enceinte qui pousse le concept à son maximum, tout en conservant les fondamentaux qui font le charme des modèles plus accessibles.
Le panneau atteint ici 15 pouces de large, ce qui représente une surface très importante pour un transducteur électrostatique domestique. Le résultat, c’est une capacité exceptionnelle à projeter une image sonore grandeur nature. Sur de grands enregistrements classiques, des captations live ou de très belles productions de jazz et de rock, on a vraiment l’impression que la scène se déploie à taille réelle, avec une hauteur et une profondeur qui donnent des frissons.
Dans la base, ce sont deux woofers de 12 pouces qui prennent le relais, chacun alimenté par une amplification en classe D très puissante. Le DSP et la correction ARC travaillent ici à plein régime pour intégrer ce grave très étendu à la pièce. Bien réglée, la Renaissance ESL 15A est capable de descendre très bas tout en restant d’une lisibilité étonnante. Les grosses percussions, les effets d’infra-grave de certaines bandes son, la masse d’un grand orchestre gardent leur impact physique mais sans devenir envahissants ou baveux.
Ce modèle exige toutefois une pièce à la hauteur de ses capacités. Idéalement, il faut envisager une surface d’au moins 30 m², et plus volontiers au-delà de 40 m², avec une certaine hauteur sous plafond et suffisamment de recul. L’enceinte a besoin d’espace pour que son rayonnement dipôle et sa grande surface de panneau puissent s’exprimer pleinement. Dans un tel contexte, la Renaissance ESL 15A offre une expérience qui se rapproche vraiment de ce que l’on entend sur des systèmes de démonstration très haut de gamme, avec cette différence qu’elle reste étonnamment douce et non fatigante, même à volume élevé.
Quelle taille de pièce pour quel modèle ?
On le voit, chaque enceinte de cette famille a une zone de confort naturelle.
La Classic ESL 9 excelle dans les pièces de 15 à 25 m², où son grave propre et son comportement entièrement passif la rendent facile à intégrer. Elle convient autant à un salon de condo bien conçu qu’à une pièce de vie de maison de taille moyenne.
L’Impression ESL 11A aime les pièces de 20 à 35 m². Elle est suffisamment ample pour remplir un grand salon, mais peut aussi, grâce à la correction ARC, rester parfaitement maîtrisée dans un condo de bonne qualité de construction. Pour un client qui veut une paire d’enceintes “définitives” dans un salon haut de gamme, c’est souvent la candidate idéale.
L’Expression ESL 13A commence à se sentir vraiment à l’aise à partir de 25 m², et s’exprime pleinement dans 30 à 40 m² et plus. Sa capacité à créer une grande scène sonore et à descendre profondément dans le grave demande un peu de recul, tant pour vos oreilles que pour les murs.
La Renaissance ESL 15A, enfin, réclame un environnement plus proche de la salle dédiée ou du très grand salon. Ce n’est pas tant une question de pouvoir “fonctionner” dans une pièce plus petite, mais plutôt de pouvoir vraiment déployer tout ce qu’elle sait faire. Si vous rêvez d’une expérience de type salle de concert à la maison, avec un projet d’aménagement sérieux, c’est elle qui s’impose naturellement.
Condo ou maison : ce que change la correction ARC et le type de grave
Un point crucial pour beaucoup de clients est la question de la vie quotidienne avec ces enceintes, notamment en condo. Sur ce plan, la distinction entre Classic ESL 9 et les modèles 11A, 13A, 15A est très éclairante.
Avec la Classic ESL 9, la gestion du grave repose entièrement sur le couple amplificateur/enceintes et sur le placement. L’avantage, c’est que le grave reste relativement mesuré, très tenu, rarement envahissant. Dans un condo, c’est souvent une bonne chose : on profite déjà d’une grande qualité de restitution sans exciter de manière exagérée les modes de la structure, ce qui limite les vibrations transmises aux voisins. Avec un peu de soin dans le placement et éventuellement un traitement acoustique léger, on obtient un résultat très équilibré, même sans DSP.
Avec les Impression ESL 11A, Expression ESL 13A et Renaissance ESL 15A, le grave est actif et corrigible. Cela ouvre des possibilités très intéressantes. Dans un condo, il est possible d’utiliser la correction ARC pour atténuer volontairement certaines zones problématiques, par exemple en réduisant légèrement l’énergie en dessous de 60–70 Hz, là où les résonances de structure sont les plus gênantes. On peut ainsi garder un grave présent, propre, vivant, mais moins “transmis” aux murs et aux planchers.
En maison, ARC permet simplement d’aller plus loin dans l’optimisation. Plutôt que de déplacer indéfiniment les enceintes au millimètre, on trouve une position cohérente esthétiquement et acoustiquement, puis on peaufine la courbe de grave avec la correction. Sur les 13A et 15A, cette possibilité est presque indispensable pour tirer tout le parti du grave profond sans se retrouver avec une ou deux fréquences qui prennent trop le dessus.
En résumé, la Classic ESL 9 joue la carte de la simplicité et du grave naturel, très cohérent en condo et dans les pièces amorties. Les 11A, 13A et 15A jouent la carte du grave maîtrisé par l’électronique, avec plus de puissance, plus d’extension, mais aussi plus de capacité d’adaptation à une pièce donnée.
Amplification : même exigence de qualité, rôles différents
Sur le plan de l’amplification, il y a deux philosophies.
Avec la Classic ESL 9, l’amplificateur externe fait tout. Il alimente le panneau et les deux woofers de 8 pouces. Il doit donc être capable de fournir du courant, de rester stable sur 4 ohms et de gérer les variations d’impédance propres à une enceinte électrostatique. Dans la pratique, on vise un amplificateur intégré ou séparé bien construit, avec une alimentation sérieuse. La bonne nouvelle, c’est que cette enceinte offre déjà un très haut niveau de performance avec des amplis de gamme moyenne à supérieure, sans forcément devoir viser l’extrême très haut de gamme.
Avec les Impression ESL 11A, Expression ESL 13A et Renaissance ESL 15A, le rôle de l’ampli externe est différent. Il ne voit que le panneau, puisque les woofers ont leur propre amplification. La demande en courant dans le grave est donc grandement soulagée, même si la partie haute du spectre reste exigeante du fait de l’impédance variable. Cela laisse un peu plus de liberté : un intégré haut de gamme de puissance raisonnable suffit souvent à piloter parfaitement le panneau, là où il aurait pu être un peu juste avec une grosse enceinte passive large bande.
Plus on monte dans la gamme, plus les enceintes révèlent la qualité de l’amplificateur. Sur une Classic ESL 9, un bon ampli bien choisi offre déjà une émotion forte. Sur une Renaissance ESL 15A, la transparence est telle qu’un amplificateur insuffisant se trahit immédiatement : scène moins stable, dynamique un peu tassée, arrière-plans moins lisibles. Il est donc logique, dans cette gamme supérieure, de penser l’ensemble comme un système cohérent : enceintes, ampli et source doivent être d’un niveau comparable pour que l’investissement prenne tout son sens.

Comment résumer rapidement la personnalité de chaque modèle ?
On peut dire que la Classic ESL 9 est la plus puriste et la plus “audiophile tradi” de la famille, avec une architecture entièrement passive et un grave très propre, idéale pour ceux qui veulent garder la main sur leur amplification. L’Impression ESL 11A est le cœur de gamme, le point d’équilibre : taille raisonnable, grave actif, correction de pièce, parfaite pour un salon haut de gamme polyvalent. L’Expression ESL 13A pousse plus loin la dimension “grand spectacle”, avec une scène plus vaste et un grave plus profond, pensée pour des pièces généreuses. La Renaissance ESL 15A, enfin, est l’aboutissement : grande électrostatique de référence, conçue pour des grands espaces ou des salles dédiées, pour ceux qui veulent s’approcher au maximum d’une écoute de salle de concert à domicile.
Pour un condo d’environ 20 m², quel modèle est le plus pertinent ?
Dans un condo de 20 m², les deux candidates les plus logiques sont la Classic ESL 9 et l’Impression ESL 11A. La Classic ESL 9 vous donne déjà tout le charme de l’électrostatique avec un grave très maîtrisé, facile à vivre en voisinage. Si vous souhaitez un peu plus de flexibilité sur le grave et profiter de la correction de pièce, l’Impression ESL 11A devient très intéressante : vous pouvez ajuster le niveau de basses, lisser les résonances de la pièce et profiter d’une scène sonore encore plus ample. L’Expression ESL 13A peut fonctionner, mais son potentiel serait largement bridé dans ce volume, surtout en termes de niveau d’écoute acceptable pour les voisins. La Renaissance ESL 15A, elle, serait clairement surdimensionnée dans une surface aussi contenue.
Dans une grande pièce à aire ouverte, la Classic ESL 9 sera-t-elle suffisante ?
La Classic ESL 9 est capable de sonoriser des pièces étonnamment grandes, notamment grâce à la hauteur de son panneau et à ses deux woofers de 8 pouces. Dans un grand salon à aire ouverte, elle offrira déjà une très belle scène sonore et un grave maîtrisé. Toutefois, si vous aimez écouter à niveau réaliste des grandes formations symphoniques, des concerts live ou des bandes-son très chargées, vous pourrez ressentir une certaine limite en impact dans le bas du spectre. Dans ce contexte, l’Impression ESL 11A, avec son grave actif, ou l’Expression ESL 13A, avec ses plus gros woofers, offriront une assise plus solide et plus confortable, mieux adaptée aux grands volumes d’air d’une aire ouverte.
Qu’apportent concrètement les woofers actifs et la correction ARC par rapport à la Classic ESL 9 ?
Les woofers actifs apportent d’abord une chose très simple : de la puissance et du contrôle dédiés au grave. Plutôt que de demander à votre amplificateur externe de tout faire, chaque enceinte dispose de son propre “moteur” pour les basses, parfaitement adapté aux haut-parleurs utilisés. Le résultat est un grave plus profond, plus puissant, mais aussi plus finement tenu, surtout à fort volume. La correction ARC ajoute une deuxième couche : la possibilité d’adapter ce grave à votre pièce. En mesurant la réponse au point d’écoute, le DSP corrige les bosses et les creux les plus gênants, ce qui rend le grave plus homogène et mieux intégré. Par rapport à une Classic ESL 9, qui dépend uniquement du placement et des propriétés naturelles de la pièce, les modèles 11A, 13A et 15A offrent donc beaucoup plus de flexibilité et de constance d’un environnement à l’autre.
Est-ce que la scène sonore est très différente entre ESL 11A, 13A et 15A ?
La signature de scène sonore reste dans la même famille : image très précise, détachement fort par rapport aux enceintes, belle profondeur. Ce qui change, c’est l’échelle. L’ESL 11A propose déjà une scène ample qui remplit très bien un salon de taille classique. En passant à l’Expression ESL 13A, la scène gagne en largeur et en profondeur, la musique “sort” davantage de l’enceinte. Avec la Renaissance ESL 15A, on franchit un cap supplémentaire : la scène devient vraiment monumentale, avec une sensation de hauteur et de volume qui évoque les grandes salles. Plus votre pièce est large, profonde et haute, plus ces différences deviennent sensibles. Dans une petite pièce, l’ESL 11A peut déjà donner une impression de très grande image sonore.
La Classic ESL 9 est-elle une “petite” Martin Logan par rapport aux autres ?
La Classic ESL 9 est la plus accessible de la série, mais ce n’est pas une version au rabais. Elle utilise les mêmes technologies de panneau, la même philosophie de châssis et la même exigence de finition. La différence tient à son architecture passive et à une section de grave moins démonstrative. Pour beaucoup de mélomanes, c’est d’ailleurs un avantage : elle offre une restitution très cohérente, très naturelle, qui se marie à merveille avec un amplificateur de qualité sans nécessiter de DSP ou de réglages avancés. On peut la voir comme la version la plus “intemporelle” de la gamme, celle qui séduira autant le passionné de jazz que l’amateur de classique, dans une pièce de taille raisonnable.
Quel modèle choisir si je veux autant écouter de la musique que regarder des films ?
Si musique et cinéma ont tous les deux une place importante dans votre quotidien, plusieurs pistes peuvent se dégager. L’Impression ESL 11A constitue souvent un excellent compromis : elle descend suffisamment bas pour donner du poids aux bandes-son, sa section de grave active apporte de l’impact aux explosions et aux effets, et en même temps, elle reste extrêmement raffinée pour la musique pure. Dans une pièce plus grande, l’Expression ESL 13A représente un vrai plus en termes de spectacle, avec des dialogues très lisibles et des effets enveloppants lorsqu’elle est intégrée à un système multicanal. La Renaissance ESL 15A, elle, permet clairement de recréer des sensations de grande salle de cinéma, mais demande un environnement adapté. La Classic ESL 9 peut parfaitement servir en home cinéma, souvent avec l’ajout d’un caisson pour les effets très bas en fréquence, tout en restant une magnifique enceinte hi-fi en stéréo.
Est-ce que je peux envisager d’évoluer dans la gamme plus tard ?
Absolument. Un des intérêts de cette famille, c’est justement cette progression cohérente. Vous pouvez très bien commencer avec une Classic ESL 9 dans une pièce de taille moyenne, construire un système équilibré autour d’elle, puis, quelques années plus tard, déménager dans une maison avec une pièce plus grande et passer à une Impression ESL 11A ou une Expression ESL 13A. Votre amplificateur continuera à piloter le panneau, et vous gagnerez en grave, en ampleur de scène et en flexibilité grâce à la correction ARC. De la même manière, un client qui part d’emblée sur une 11A peut tout à fait envisager, à long terme, une évolution vers une 13A ou une 15A si l’environnement change. L’important est de penser à chaque étape un système cohérent avec la pièce et le niveau d’écoute souhaité.
Les quatre modèles exigent-ils la même qualité de source ?
Toutes ces enceintes ont un point commun : leur transparence. Elles ne pardonnent pas les maillons faibles. Une source médiocre, un fichier fortement compressé, un DAC mal conçu, tout cela s’entend. Cependant, la tolérance peut varier légèrement. La Classic ESL 9 est déjà très révélatrice mais reste un peu plus indulgente que les 11A, 13A et 15A, dont le grave contrôlé par DSP et la plus grande surface rayonnante vont encore un peu plus loin dans l’analyse du signal. Plus vous montez dans la gamme, plus il devient logique d’investir dans une très bonne source, qu’il s’agisse d’un lecteur réseau, d’un DAC, d’une platine vinyle ou d’un transport CD. Sur une Renaissance ESL 15A, par exemple, un simple changement de câble numérique ou un réglage de platine bien réalisé peuvent devenir étonnamment audibles.

Panneau électrostatique XStat CLS
Le panneau électrostatique XStat CLS est le cœur sonore de chaque enceinte de cette famille. Il se compose d’une membrane ultrafine, chargée électriquement, tendue entre deux grilles métalliques perforées appelées stators. Le signal musical, appliqué sous forme de tension, crée un champ électrique qui met la membrane en mouvement. La mention XStat renvoie à l’optimisation des stators et de la membrane, tandis que CLS signifie Curvilinear Line Source, en référence à la courbure du panneau. Cette architecture permet d’obtenir une distorsion très faible, une grande rapidité et une dispersion horizontale contrôlée, ce qui se traduit par un médium d’une transparence exceptionnelle et une scène sonore très précise.
AirFrame Blade
L’AirFrame Blade est la structure en aluminium qui encadre le panneau et le relie au coffret de grave. Elle joue un double rôle. Sur le plan mécanique, elle apporte une rigidité importante, empêchant le panneau de vibrer ou de se déformer, ce qui limite la coloration sonore. Sur le plan esthétique, elle est conçue pour être la plus fine possible vue de face, afin de ne pas masquer la membrane ni visuellement ni acoustiquement. Son profil en lame lui permet de combiner robustesse, faible surface de diffraction et intégration visuelle élégante dans un salon contemporain.
Advanced MicroPerf
Advanced MicroPerf désigne le dessin très spécifique des perforations pratiquées dans les stators métalliques. L’idée est de multiplier les petites ouvertures plutôt que d’utiliser de larges trous. Cela augmente la surface de membrane réellement exposée au son, pour une même taille de panneau, tout en conservant une structure solide. Sur le plan audible, cette optimisation permet de gagner en efficacité et en dynamique, tout en réduisant les risques de coloration liés à des stators trop présents. Le son semble venir directement de la membrane, sans que l’on sente un “filtre” mécanique entre elle et l’air de la pièce.
Rayonnement dipôle
Le rayonnement dipôle signifie que l’enceinte rayonne aussi bien vers l’avant que vers l’arrière, avec une annulation latérale. Contrairement à une enceinte traditionnelle qui diffuse souvent dans toutes les directions, un dipôle envoie peu d’énergie directement sur les murs latéraux. Cela limite les réflexions précoces qui peuvent brouiller l’image stéréo. En revanche, le mur arrière devient un élément important : le son réfléchi revient vers la zone d’écoute après un léger délai, créant une sensation de profondeur et d’ambiance. C’est précisément pour cette raison que l’on recommande de laisser une certaine distance entre les panneaux électrostatiques et le mur derrière eux, afin que ce champ arrière puisse se développer harmonieusement.
Grave actif
Le grave actif désigne une section de basses alimentée par un amplificateur intégré dans l’enceinte. Au lieu de laisser l’amplificateur externe piloter les woofers à travers un filtre passif, chaque woofer dispose de sa propre amplification, dimensionnée précisément en fonction de ses caractéristiques et de son coffret. L’avantage principal est un contrôle très ferme de la membrane, qui garde sa précision même à fort niveau. Cela permet aussi d’alléger le travail de l’amplificateur externe, puisqu’il ne gère plus que la partie médium-aigu. Sur les modèles hybrides de la gamme, cette architecture donne ce mélange rare de grave puissant, profond et pourtant très bien tenu.
Anthem Room Correction (ARC)
Anthem Room Correction, ou ARC, est un système de correction acoustique qui permet d’adapter le comportement des enceintes à la pièce d’écoute. Il repose sur un microphone de mesure et un logiciel qui analyse la réponse en fréquence de l’installation à plusieurs positions d’écoute. Une fois ces mesures réalisées, ARC calcule des filtres numériques qui viennent corriger les résonances et les irrégularités les plus gênantes, en particulier dans le grave. Sur les enceintes Martin Logan hybrides, ces corrections sont appliquées uniquement à la section de grave active, ce qui permet d’améliorer nettement la lisibilité des basses sans toucher au caractère naturel du panneau électrostatique.
DSP Vojtko 24 bits
Le DSP Vojtko 24 bits est le processeur de signal numérique qui pilote les woofers actifs sur les modèles hybrides. Il gère le filtrage entre le panneau et les haut-parleurs de grave, la phase, le délai, les corrections ARC et les réglages de niveau de basses ou de haut-grave. Le traitement en 24 bits garantit une grande finesse de calcul, avec un bruit de quantification très faible. Ce DSP est indispensable pour assurer une jonction imperceptible entre la rapidité du panneau électrostatique et la puissance des woofers dynamiques, de sorte que l’enceinte se comporte à l’écoute comme une source sonore parfaitement cohérente.
Classe D
La classe D est une technologie d’amplification qui utilise des transistors fonctionnant principalement comme des interrupteurs, passant rapidement d’un état conducteur à un état bloqué. Le signal audio est modulé sous forme d’un signal à haute fréquence, puis filtré pour retrouver une forme analogique. L’intérêt de cette approche est un rendement très élevé, qui permet de délivrer des puissances importantes avec peu de chaleur dissipée. Dans les enceintes Martin Logan hybrides, la classe D est idéale pour les woofers : elle fournit l’énergie nécessaire aux basses fréquences dans un format compact, tout en offrant un très bon contrôle de la membrane.
Impédance nominale et impédance minimale
L’impédance nominale d’une enceinte décrit sa “résistance” moyenne au passage du courant fourni par l’amplificateur. Sur cette famille, elle est de 4 ohms, ce qui signifie que l’amplificateur doit être capable de fonctionner confortablement sur ce type de charge. L’impédance minimale, elle, correspond à la valeur la plus basse atteinte par l’enceinte sur une partie du spectre. Dans le cas d’un panneau électrostatique, cette valeur peut chuter très bas dans l’extrême aigu, même si peu d’énergie musicale se trouve dans cette zone. L’amplificateur doit malgré tout rester stable, faute de quoi le comportement global peut devenir imprévisible. D’où l’importance de choisir une amplification sérieuse, annoncée comme capable de travailler sans difficulté sur 4 ohms.
Sensibilité
La sensibilité d’une enceinte indique le niveau sonore obtenu à un mètre de distance pour une tension d’entrée de 2,83 volts. Les modèles de cette série se situent autour de 91 à 92 dB, ce qui est une valeur plutôt confortable. Concrètement, cela signifie qu’ils n’ont pas besoin de puissances extravagantes pour atteindre des niveaux d’écoute réalistes. Combinée au fait que les woofers sont pris en charge par des amplifications internes sur les modèles hybrides, cette sensibilité permet d’associer ces enceintes à des amplificateurs externes de puissance raisonnable, à condition que ceux-ci soient de très bonne qualité et stables sur des charges de 4 ohms.
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Christian Lafleur | Chroniqueur spécialiste Audio/Vidéo
« Passionné de musique et d’ haute-fidélité depuis plus de 20 ans, j’ai accompagné de nombreux mélomanes dans le choix de leurs systèmes audio. Avant de me joindre à l’équipe de Laliberté Électronique en juin 2025, j’ai occupé les fonctions de concepteur-rédacteur et chroniqueur en audio/vidéo de 1990 à 2002, puis de conseiller haute-fidélité et directeur des ventes & marketing chez Audiolight de 2002 à 2025. Aujourd’hui, à travers mes blogues, je mets à profit mon expérience et ma passion pour partager mes découvertes, conseiller et inspirer tous ceux qui souhaitent vivre une expérience d’écoute unique. »
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