AudioQuest Brave Heart et Lone Ranger : deux câbles d’exception
Deux câbles qui révèlent le plein potentiel de vos enceintes.
Dans l’univers des câbles haut-parleurs très haut de gamme, AudioQuest Brave Heart et AudioQuest Lone Ranger représentent une nouvelle génération de liaisons pensées pour des systèmes sérieux, voire franchement ambitieux. Ces deux modèles s’inscrivent dans la série Folk Heroes, mais vont chercher leur ADN technique et leur philosophie sonore du côté des monstres sacrés de la série Mythical Creatures. Brave Heart occupe clairement le haut du pavé dans cette famille, avec une section impressionnante et une mise en œuvre qui respire le contrôle absolu. Lone Ranger, de son côté, reprend la même logique de réduction du bruit, de géométrie ZERO-Tech et de cuivre Perfect-Surface, mais dans une approche un peu plus compacte, plus facile à intégrer dans un salon ou une salle d’écoute réelle.
Chez Laliberté Électronique, on retrouve ces câbles dans des longueurs typiques de 6 à 15 pieds, avec des terminaisons bananes ou fourchettes de très haut niveau. Ils s’adressent à des systèmes où l’on a déjà mis beaucoup de soin dans le choix des enceintes, des électroniques et parfois même du traitement acoustique, et où la liaison haut-parleurs devient le dernier maillon stratégique pour aller chercher la pleine mesure du système. L’objectif de ce texte est de vous aider à comprendre en profondeur ce qui rapproche et ce qui différencie Brave Heart et Lone Ranger, autant sur le plan technique que musical, pour que votre choix soit aligné avec votre réalité de pièce, votre système et votre façon d’écouter.
Ce que Brave Heart et Lone Ranger ont en commun
Avant de parler de leurs différences, il est essentiel de poser ce qu’ils partagent. Brave Heart et Lone Ranger sont tous deux des câbles haut-parleurs à conducteurs solides en cuivre Perfect-Surface Copper+ (PSC+). Ce cuivre à surface optimisée, extrêmement lisse et homogène, vise à réduire les irrégularités de surface là où circule la plus grande partie du signal, surtout dans les hautes fréquences. Cela permet d’abaisser la distorsion liée aux défauts de surface et de préserver une texture très fine dans le haut du spectre, sans brillance artificielle.
Les deux câbles s’appuient sur une géométrie ZERO-Tech. Cette approche consiste à concevoir le câble de façon à éliminer l’impédance caractéristique habituellement associée à une liaison électrique. Dans un câble traditionnel, cette impédance peut interagir avec la source et la charge, provoquer des réflexions et, au final, brouiller légèrement le message, particulièrement dans la bande audio. En supprimant autant que possible ce comportement de ligne de transmission, Brave Heart et Lone Ranger cherchent à laisser passer le signal musical avec le moins de signature propre possible.
Ils partagent aussi une architecture à polarités séparées, avec un conduit pour le positif et un autre pour le négatif, ce qui permet de maîtriser avec beaucoup de précision la distance entre conducteurs, la capacité et l’inductance. Cette séparation participe à la stabilité de la scène sonore, à la propreté des transitoires et à la réduction de certaines interactions indésirables avec l’environnement électromagnétique.
Autre point commun majeur, les deux câbles intègrent un système très poussé de dissipation du bruit RF. Des matériaux à base de carbone et de graphène sont employés pour former une sorte de réseau qui absorbe et canalise les radiofréquences parasites. L’idée est simple, mais redoutablement efficace lorsque c’est bien exécuté : au lieu de laisser ces parasites remonter vers les bornes des enceintes ou de l’amplificateur, on les piège et on les convertit en chaleur ou on les évacue par des conducteurs dédiés. À l’écoute, cela se traduit par un fond noir plus profond, une micro-dynamique mieux préservée et une meilleure lisibilité des ambiances de salle.
Enfin, Brave Heart et Lone Ranger utilisent tous deux le système DBS 72 V, le fameux Dielectric-Bias System d’AudioQuest. Ce module applique en permanence un champ électrique au diélectrique du câble, de façon à maintenir le matériau isolant dans un état pré-polarisé. En pratique, cela réduit les phénomènes de charge et de décharge du diélectrique, qui peuvent ajouter de la mémoire et des micro-retards au signal. Le résultat est une impression de silence de fond et de fluidité qui reste stable dans le temps, même si la chaîne n’a pas joué depuis quelques jours.
Dans l’ensemble, on peut dire que les deux câbles sont animés par la même philosophie : réduire le bruit à un niveau extrêmement faible, stabiliser le comportement électrique du câble sur toute la bande audio et permettre au système de respirer, sans qu’on ait l’impression qu’un maillon vienne “colorer” ou déformer le message.
Brave Heart : le contrôle, la densité et le calme
Sur le plan physique, Brave Heart impose sa présence. Son diamètre par polarité est particulièrement généreux et l’on se retrouve dans la catégorie des câbles de très grande section, proches de ce que propose la série Mythical Creatures. On est dans un calibre typique de 12 AWG, voire plus, avec une quantité de cuivre PSC+ qui laisse clairement entendre que la résistance en série a été poussée très bas.
Cette section importante a des conséquences directes. Du point de vue de l’amplificateur, la liaison vers les enceintes devient une charge très favorable. Le facteur d’amortissement reste bien préservé, même sur des longueurs importantes, et les woofers se retrouvent sous un contrôle serré. Dans un système réel, cela se traduit par un grave charpenté, tenu, avec une capacité à encaisser des variations de dynamique importantes sans que le grave ne gonfle ni ne traîne. Sur des colonnes imposantes, avec plusieurs haut-parleurs de graves ou des charges complexes, Brave Heart donne cette sensation très particulière que les membranes sont tenues d’une main de fer, sans jamais donner l’impression d’être bridées.
Le médium bénéficie lui aussi de cette stabilité. On ressent souvent un centre très solide, une scène qui ne se contracte pas lorsque le niveau monte, et une lisibilité des voix qui reste impeccable dans les passages denses. Sur une grande masse orchestrale, sur des bandes-son de cinéma chargées en effets, ou sur des œuvres chorales, Brave Heart maintient les plans sonores en place. On n’a pas l’impression que la scène bouge ou que le message se tasse lorsque tout le monde joue fort.
L’aigu, de son côté, est riche en information mais sans agressivité. Là où certains câbles très analytiques peuvent mettre en avant la brillance au détriment de la douceur, Brave Heart parvient à diffuser une grande quantité de détails sans dérive vers le côté chirurgical. Les cymbales restent texturées, les réverbérations de salles sont bien audibles, les micro-détails de voix et d’instruments sont présents, mais sous une lumière douce, naturelle, jamais crue.
En pratique, ce qui marque le plus à l’écoute d’un Brave Heart bien installé dans un système de haut niveau, c’est le sentiment de calme. Le bruit de fond recule, les silences entre les notes deviennent presque palpables et l’on ressent une forme d’évidence : la chaîne joue comme si elle respirait mieux, sans être tendue ni nerveuse. On se surprend souvent à monter le volume sans ressentir de fatigue, simplement parce que le système reste en contrôle.
Dans un contexte québécois, avec des salons à aire ouverte, des plafonds parfois élevés et des enceintes souvent installées à bonne distance de l’amplificateur, cette approche prend tout son sens. Un Brave Heart de dix ou douze pieds conserve un niveau de contrôle et de densité remarquable. Il devient un choix logique pour des configurations où l’on veut un grave profond, propre, qui structure l’image sonore et donne à la musique une assise presque physique.

Lone Ranger : la transparence, la vivacité et la polyvalence
Lone Ranger s’inscrit dans la même famille technique, mais avec une philosophie légèrement différente. Son diamètre par polarité est plus compact, autour de 11 à 12 mm, et la section, bien que très généreuse pour un câble audio, reste légèrement en retrait par rapport à Brave Heart. On reste clairement dans une catégorie de câble de grosse section par rapport au marché global, mais avec un format plus agile, plus facile à manipuler et à intégrer dans un environnement domestique.
Cette taille plus contenue a deux effets immédiats. D’abord, le câble est plus léger et plus souple, ce qui facilite les cheminements derrière un meuble, le passage sous un tapis ou le contournement d’un support de télévision. Ensuite, il met moins de contrainte mécanique sur les borniers des enceintes, ce qui n’est pas anodin lorsqu’il s’agit de bibliothèques haut de gamme ou de bornes montées sur des plaques un peu plus fines.
Sur le plan sonore, Lone Ranger se distingue par une grande transparence et une sensation de légèreté au sens noble du terme. Le grave est ferme et rapide, mais il donne un peu moins l’impression de masse que Brave Heart. On se retrouve avec un bas du spectre qui privilégie la lisibilité, la nuance et la réactivité, plutôt que l’impression de bloc monolithique. Sur des enceintes bien tenues et dans une pièce de taille raisonnable, ce comportement peut donner l’impression que l’enceinte réagit plus vite, qu’elle s’efface davantage devant le message.
Le médium de Lone Ranger respire. Les voix gagnent souvent un petit supplément d’air, la scène s’aère, les instruments semblent légèrement plus détachés les uns des autres, surtout sur les enregistrements acoustiques. On garde la même signature d’absence de dureté que chez Brave Heart, mais avec un côté un peu plus lumineux, légèrement plus en avant dans la perception globale. Ce n’est pas une lumière éblouissante, mais plutôt un éclairage bien dosé, qui met un peu plus de relief dans le médium.
L’aigu, quant à lui, est d’une grande finesse. Les détails sont bien présents, les micro-informations se déploient facilement, mais l’ensemble conserve une douceur qui évite la fatigue. On est loin d’un câble qui “blancit” l’aigu pour donner une impression de résolution. Lone Ranger donne plutôt l’impression de lever un voile de façon naturelle, sans ajouter de brillance artificielle.
Dans un système de haut niveau installé dans une pièce de taille moyenne, Lone Ranger devient souvent le point d’équilibre idéal. Il apporte une vraie montée en gamme par rapport à des câbles plus simples, tout en restant plus abordable que Brave Heart et plus simple à vivre au quotidien. Il s’adresse à l’audiophile qui veut un câble de très haut niveau, capable de révéler l’âme de ses enceintes, sans forcément aller chercher la section la plus massive possible.

Les différences électriques et leur traduction dans votre salon
Sur le papier, Brave Heart dispose d’une section plus importante que Lone Ranger, donc d’une résistance linéique plus faible. Cela se traduit par un facteur d’amortissement plus élevé vu du point de vue de l’amplificateur, surtout sur des longueurs plus importantes. Concrètement, plus la longueur augmente et plus la demande en courant des enceintes est exigeante, plus cet avantage devient audible.
Dans un système où l’ampli doit travailler fort pour maîtriser des woofers imposants, la section supplémentaire de Brave Heart peut donner l’impression que le grave est plus fermement tenu, que les attaques sont plus nettes et que le système demeure parfaitement lisible quand on pousse le volume. Sur un système de ce calibre, Lone Ranger reste très performant, mais il laissera parfois transparaître un grave légèrement moins “ancré”, surtout si la pièce est grande et si l’on joue fort.
À l’inverse, dans un système plus compact, avec des colonnes de taille raisonnable ou de grosses bibliothèques, placé dans une pièce de dimensions moyennes et avec des longueurs de câble plus courtes, Lone Ranger peut s’avérer parfaitement suffisant. Dans ce cas, c’est davantage sa transparence et sa facilité d’intégration qui priment, et la différence avec Brave Heart se ressent davantage en termes de caractère qu’en termes de pure capacité de contrôle.
Les deux câbles bénéficient de la même géométrie ZERO-Tech, du même principe de dissipation RF et du même système DBS. L’écart ne vient donc pas d’une différence d’arsenal technologique, mais plutôt de la mise en œuvre de ces technologies dans des environnements différents. On se retrouve dans une situation où, dans certains systèmes, Lone Ranger offre déjà tout ce qu’il faut en termes de silence, de cohérence temporelle et de finesse; tandis que Brave Heart pousse ces qualités à un niveau encore plus extrême, surtout lorsqu’on lui donne les conditions idéales pour s’exprimer.
Quand privilégier Brave Heart, quand privilégier Lone Ranger ?
Si l’on transpose ces deux personnalités dans des scénarios concrets, certaines situations se dessinent assez clairement.
Dans un système très ambitieux, avec de grosses colonnes, parfois bi-amplifiées, une amplification costaude et une grande pièce à aire ouverte comme on en voit souvent, Brave Heart prend une longueur d’avance. La section plus importante aide l’ampli à garder la main sur les haut-parleurs, même à fort volume. Le grave se structure, les grands écarts de dynamique passent sans que le système ne donne l’impression de se contracter, et la scène sonore garde une stabilité impressionnante.
Dans un système tout aussi sérieux mais installé dans une pièce plus modeste, comme un salon de condo, un sous-sol aménagé ou une salle dédiée de taille moyenne, Lone Ranger s’impose souvent comme le choix logique. Il offre déjà une finesse incroyable, une belle assise, une scène très aérée, tout en se montrant plus facile à installer physiquement et plus abordable. La différence de budget avec Brave Heart peut d’ailleurs être réinvestie dans d’autres éléments clés comme la source, l’alimentation secteur ou quelques panneaux de traitement acoustique bien placés.
Sur des enceintes bibliothèques de très haut niveau, avec des borniers parfois plus délicats, Lone Ranger a aussi l’avantage d’un poids plus raisonnable. La question n’est pas électrique, elle est mécanique : on évite de mettre en tension des borniers fragiles avec un câble trop lourd. Dans ce type de configuration, Lone Ranger permet déjà d’exploiter à fond le potentiel de ces enceintes, sans compromis sérieux.
Enfin, il y a la question de l’évolutivité. Si l’on sait qu’à moyen terme on visera une configuration bi-câblée ou bi-amplifiée, il peut être cohérent de commencer par un Lone Ranger full-range, puis d’évoluer plus tard vers une combinaison plus sophistiquée lorsque certains équipements auront été remplacés. À l’inverse, si l’on se dirige vers un système que l’on considère comme “définitif”, et que l’on veut tout simplement la liaison la plus aboutie possible dans la série Folk Heroes, Brave Heart devient le choix naturel.
Vécu d’écoute : comment se ressent la différence au fauteuil ?
Sur un système vraiment résolu, où les enceintes et les électroniques ne craignent pas de dévoiler leurs forces et leurs faiblesses, la différence entre les deux câbles se ressent souvent en quelques minutes. Brave Heart donne cette impression que le système a pris une taille de plus. Le fond de bruit devient plus sombre, la scène s’organise avec beaucoup d’ordre et de profondeur, les attaques sont franches sans être agressives, et le grave se cale comme s’il suivait un métronome interne. La musique semble jouer “en dessous” des limites de la chaîne.
Lone Ranger, lui, donne parfois l’impression d’une plus grande légèreté, dans le bon sens du terme. La musique coule avec beaucoup de naturel, le médium respire, les voix prennent un relief très agréable, les ambiances de salle sont évidentes. C’est un câble qui donne au système un côté spontané, vivant, sans sacrifier pour autant le contrôle ou la finesse.
Dans des systèmes plus modestes, la différence reste présente mais demande un peu plus de recul. On la perçoit mieux sur de bons enregistrements acoustiques, sur des prises de son live ou sur de la musique orchestrale à grande dynamique que sur des masters compressés. C’est aussi dans les écarts de niveau, sur la capacité du système à passer du très doux au très fort sans se désunir, que Brave Heart finit par prendre l’avantage.
Brave Heart et Lone Ranger ne se situent pas dans une logique de “mieux ou moins bien” absolu, mais plutôt dans une logique de “quelle personnalité convient le mieux à votre réalité”. L’un pousse la densité, l’assise et le calme à un niveau remarquable; l’autre met de l’avant une transparence lumineuse et une facilité d’intégration qui conviendra à beaucoup de systèmes de très haut niveau.
Au final, AudioQuest Brave Heart et AudioQuest Lone Ranger sont deux outils taillés pour des systèmes où l’on prend le temps d’écouter et d’optimiser. Brave Heart s’adresse à l’audiophile qui veut pousser l’assise, le contrôle et le calme de son système au maximum, surtout dans de grandes pièces et avec des enceintes exigeantes. Lone Ranger s’impose comme un partenaire idéal pour ceux qui cherchent une transparence de très haut niveau, une grande vivacité et une intégration plus facile, tout en restant dans la cour des câbles franchement sérieux. Dans les deux cas, on dépasse largement la simple “liaison” pour entrer dans le domaine de ces maillons qui révèlent ce dont une chaîne est réellement capable, lorsque tout le reste suit.

Entend-on réellement une différence entre Brave Heart et Lone Ranger sur un système de gamme intermédiaire ?
Sur un système de gamme intermédiaire bien équilibré, la différence existe, mais elle ne saute pas toujours aux oreilles dès la première minute. Lone Ranger apporte déjà un bond important par rapport à un câble plus basique : la scène s’ouvre, le bruit de fond recule, la lisibilité des voix et des détails progresse nettement. Brave Heart, dans ce contexte, va plus loin sur la densité du grave, la stabilité de l’image et la sensation de calme. Toutefois, si l’amplificateur et les enceintes ne sont pas déjà très résolus, l’écart ne sera pas aussi spectaculaire que sur un système plus ambitieux.
Pour quelqu’un qui possède un bon ampli intégré, de belles colonnes de prix réaliste et une source sérieuse, Lone Ranger représente souvent un point d’équilibre très sensé. Brave Heart se justifie davantage lorsque le reste de la chaîne est déjà d’un niveau tel que le moindre gain de contrôle et de silence se traduit immédiatement à l’écoute.
Faut-il absolument un amplificateur très puissant pour profiter de Brave Heart ?
Non, un amplificateur très puissant n’est pas obligatoire pour que Brave Heart apporte quelque chose. Un amplificateur de puissance modérée, mais bien conçu et stable, profite lui aussi d’une résistance en série plus faible et d’un câble qui ne déforme pas le message. Cela dit, plus l’ampli est musclé et plus on lui demande de courant dans le grave, plus l’avantage de Brave Heart devient évident.
Dans un système où l’amplification est un peu juste ou où l’on sait qu’un upgrade d’ampli s’en vient à court terme, il peut être judicieux de commencer par Lone Ranger, puis de revisiter la question de Brave Heart au moment où l’ampli montera de catégorie. Cela permet d’étaler les investissements tout en gardant une logique cohérente.
Les câbles ZERO-Tech sont-ils particulièrement sensibles à la longueur ?
La philosophie ZERO-Tech vise justement à stabiliser le comportement du câble sur la bande audio, en minimisant les effets d’impédance caractéristique. Cela ne supprime pas totalement les conséquences de la longueur, mais cela les rend moins problématiques qu’avec des câbles plus simples.
Sur le terrain, Brave Heart et Lone Ranger se comportent très bien aux longueurs classiques de salon, qu’il s’agisse de six, huit, dix ou douze pieds. Plus la longueur augmente, plus la résistance totale va tout de même progresser, ce qui avantage mécaniquement un câble plus massif comme Brave Heart. Dans tous les cas, on conseille de ne pas exagérer les longueurs par pure esthétique et de viser la distance réellement nécessaire pour relier l’ampli aux enceintes, sans excès.
Le système DBS 72 V demande-t-il de l’entretien ?
Le système DBS 72 V est conçu pour fonctionner de manière autonome pendant de longues années. Tant que le module est en place et que le voyant indique la présence de tension, le diélectrique reste polarisé et le câble conserve ses propriétés optimales. Il n’y a pas d’entretien particulier à prévoir au quotidien.
Après un certain nombre d’années, si la batterie finit par faiblir, le module peut être remplacé. Cela permet de prolonger la vie du câble sans devoir le changer. L’avantage de cette approche est que vous profitez en permanence d’un câble “rodé”, sans variation importante de comportement, même si vous n’avez pas écouté de musique depuis quelques jours.
Lone Ranger est-il suffisamment ambitieux pour des enceintes très haut de gamme ?
Lone Ranger n’est pas un câble de compromis, loin de là. Son niveau de transparence, sa gestion du bruit et sa mise en œuvre en font un candidat parfaitement crédible pour des enceintes de très haut niveau, que ce soit en hi-fi pure ou dans un système cinéma avec de grosses frontales. Tant que la longueur reste raisonnable et que la pièce n’impose pas des distances extrêmes, Lone Ranger a les épaules pour suivre des enceintes très révélatrices.
Dans un système de ce calibre, la question n’est pas de savoir s’il est “suffisant”, mais plutôt si l’on souhaite aller chercher le dernier degré de contrôle et d’assise qu’un Brave Heart peut offrir, particulièrement dans le grave et sur les grandes masses orchestrales. Un bon réflexe consiste à écouter les deux dans un contexte similaire, lorsque c’est possible, puis à voir si la différence justifie, pour soi, l’écart d’investissement.
Quels styles de musique mettent le mieux en évidence la différence entre Brave Heart et Lone Ranger ?
Les musiques acoustiques et les enregistrements bien captés sont les plus révélateurs. Un trio jazz, un quatuor à cordes, un piano solo ou un concert symphonique avec une vraie prise de son de salle permettent de percevoir la façon dont chaque câble gère les réverbérations, la dynamique, le positionnement des instruments et la respiration globale de la scène.
Brave Heart se fait remarquer par sa capacité à maintenir une scène très stable, même lorsque tout l’orchestre s’emballe, et par son grave très structuré qui donne du poids aux timbales, au bas des cordes et aux grandes orgues. Lone Ranger se distingue davantage par la façon dont il met en avant la transparence et l’ouverture du médium, avec un aigu qui file haut sans dureté, ce qui peut être absolument délicieux sur des voix, des guitares acoustiques ou des enregistrements intimistes.
Sur des masters très compressés, la différence reste présente, mais elle a tendance à se tasser. Quand le master lui-même limite la dynamique et écrase une partie des nuances, il est normal que le câble ait moins de matière à exploiter pour se démarquer.
Le câble restera-t-il pertinent en cas de changement d’enceintes ?
C’est l’un des grands avantages de ce type de câbles. Brave Heart et Lone Ranger sont conçus à partir de principes fondamentaux de transmission du signal, pas pour flatter un type précis d’enceinte. La réduction de la distorsion, la stabilisation de l’impédance, la dissipation du bruit RF, la cohérence temporelle : ce sont des qualités qui profitent à pratiquement n’importe quelle paire d’enceintes sérieuse.
Si vous changez d’enceintes pour monter en gamme, le câble suivra sans problème et révélera mieux encore le potentiel de la nouvelle acquisition. Si vous passez d’une marque à une autre, d’un type de charge à un autre, vous conserverez la même signature de neutralité et de contrôle qu’apporte le câble. C’est pour cette raison que l’on peut voir Brave Heart ou Lone Ranger comme un investissement à long terme, que l’on garde à travers plusieurs évolutions du système.
Faut-il privilégier bananes ou fourchettes sur ces câbles ?
La question des terminaisons est davantage pratique que sonore. L’essentiel est d’assurer un contact mécanique solide, durable et bien adapté aux borniers de vos appareils. Les bananes sont très pratiques lorsqu’on manipule souvent la configuration, qu’on teste plusieurs amplificateurs ou qu’on doit brancher et débrancher fréquemment. Les fourchettes, de leur côté, offrent un contact extrêmement sûr lorsqu’elles sont bien serrées, surtout sur des borniers à vis.
Il n’est pas nécessaire d’avoir les mêmes terminaisons des deux côtés. Il est tout à fait possible d’utiliser des fourchettes du côté de l’ampli et des bananes du côté des enceintes si les borniers s’y prêtent. L’important est de respecter la directionnalité du câble, indiquée sur la gaine, et de s’assurer que chaque connexion est propre, bien serrée, sans jeu ni oxyde.

ZERO-Tech
La technologie ZERO-Tech vise à faire en sorte que le câble ne se comporte pas comme une ligne de transmission classique avec une impédance caractéristique marquée. Dans un câble traditionnel, cette impédance peut provoquer des réflexions et des interactions avec l’amplificateur et l’enceinte, surtout si la longueur augmente ou si la charge est complexe. Avec ZERO-Tech, la géométrie et les matériaux sont choisis pour minimiser ce phénomène, de sorte que le signal traverse le câble sans rencontrer ce “profil” résonant typique.
L’impact s’entend dans la manière dont la musique semble couler plus naturellement, avec moins de crispation lorsque le niveau monte. Les transitoires restent propres, la scène garde sa cohérence et on ne ressent pas cette sensation de projection ou de dureté qui apparaît parfois quand le système est poussé dans ses retranchements.
En pratique, pour profiter pleinement de ZERO-Tech, il est important de respecter le cheminement naturel du câble, d’éviter de le plier brutalement ou de l’écraser derrière un meuble. Un rayon de courbure doux permet de préserver la géométrie interne et donc la promesse de neutralité de cette approche.
Perfect-Surface Copper+ (PSC+)
Le PSC+ est un cuivre dont la surface a été travaillée pour être extrêmement lisse et régulière. Électriquement, les hautes fréquences circulent davantage près de la surface du conducteur. Si cette surface est irrégulière, granuleuse ou pleine de micro-joints de grains, le signal se retrouve soumis à de petites discontinuités qui peuvent se traduire par de la distorsion subtile. En améliorant la qualité de cette surface, on diminue ces discontinuités et on favorise un flux plus uniforme de l’information.
À l’écoute, cela se manifeste par un aigu plus propre, moins brillant artificiellement, et par un médium riche en détails sans que la texture ne devienne sèche. Les résonances de caisse, les fins de notes, les micro-inflexions de voix sont rendues avec une finesse qui donne souvent une impression de réalisme et de présence accrue.
Pour que le PSC+ donne tout ce qu’il a à offrir, il est judicieux de laisser le câble vivre un certain temps dans le système. Même si le DBS accélère la mise en condition, quelques dizaines d’heures d’écoute permettent au matériau et au système dans son ensemble de se stabiliser autour de cette nouvelle liaison.
Dielectric-Bias System (DBS 72 V)
Le DBS 72 V consiste à appliquer un champ électrique permanent au matériau isolant du câble. Dans un câble ordinaire, le diélectrique se charge et se décharge en fonction du signal qui le traverse. Chaque cycle peut introduire des micro-retards et des phénomènes de mémoire qui se superposent à la musique. En maintenant le diélectrique dans un état pré-aligné grâce au DBS, on réduit drastiquement ce comportement.
Sur le plan sonore, cela se traduit par une micro-dynamique mieux respectée, une impression de silence de fond plus profond et une meilleure lisibilité des nuances de faible niveau. Les petits détails à bas volume ressortent naturellement, sans que l’on sente le besoin de compenser en montant systématiquement le volume.
Pour bénéficier pleinement du DBS, il suffit de laisser le module en place et d’éviter de déconnecter le système sans raison. Le câble reste ainsi dans son état optimal, prêt à jouer au meilleur de lui-même dès que l’on appuie sur “play”.
Dissipation du bruit RF
La dissipation du bruit RF fait référence à la capacité d’un câble à capturer et à évacuer les radiofréquences qui se promènent dans l’environnement. Entre le Wi-Fi, le Bluetooth, les alimentations à découpage et tout ce qui génère des ondes, il y a beaucoup de pollution qui peut se coupler aux câbles audio. Dans Brave Heart et Lone Ranger, des matériaux à base de carbone et de graphène, combinés à des conducteurs de drainage, sont utilisés pour “aspirer” ce bruit et l’empêcher de polluer le signal utile.
Concrètement, cela donne ce fameux fond noir dont parlent souvent les audiophiles. Les silences entre les notes se remplissent d’air plutôt que de bruit. Les réverbérations de salle sont plus audibles, les fins de notes semblent mourir plus lentement, comme dans une vraie salle de concert. La musique gagne en profondeur et en relief.
Pour favoriser cette dissipation, il est préférable d’éviter de coller les câbles haut-parleurs sur des blocs d’alimentation ou des routeurs, et de garder une certaine distance entre les câbles secteurs et les câbles audio. Une installation propre, dégagée, magnifie le travail de ces matériaux de dissipation.
Conducteurs solides
Les conducteurs solides, par opposition aux conducteurs multibrins, offrent un chemin unique au signal électrique. Dans un câble multibrins standard, chaque petit brin peut voir le courant circuler un peu différemment selon la fréquence et le contexte, et les contacts entre brins peuvent générer des phénomènes non linéaires. Avec un conducteur solide, ces variables se réduisent.
À l’écoute, cela se traduit par une image stéréo mieux focalisée, des instruments qui restent nettement définis dans l’espace et une réduction de ce “flou” léger qui peut rendre certaines écoutes fatigantes. On gagne en précision sans sacrifier la musicalité, ce qui est exactement ce que recherchent des câbles comme Brave Heart et Lone Ranger.
La contrepartie est que ces conducteurs solides n’aiment pas être malmenés. Il vaut mieux éviter de les plier brutalement ou de les tordre sans arrêt. Une fois qu’on leur a trouvé une position stable dans le système, ils peuvent y rester beaucoup d’années sans problème.
Directionnalité
La directionnalité désigne le fait que le câble est optimisé pour être utilisé dans un sens précis. Chez AudioQuest, les conducteurs sont orientés de manière à guider les parasites et le bruit vers une extrémité donnée plutôt que de les laisser remonter librement. Des flèches sur la gaine indiquent le sens dans lequel le câble doit être installé.
Sur le plan pratique, respecter cette directionnalité aide à maintenir un niveau de bruit minimal et une cohérence maximale. Inverser le câble ne fera pas s’effondrer le système, mais on perd une partie de l’optimisation pensée par le fabricant.
La bonne pratique consiste donc à toujours vérifier le sens des flèches au moment de l’installation, et à garder ce réflexe en tête lorsque l’on réorganise son meuble audio ou que l’on déplace les enceintes.
Impédance et facteur d’amortissement
L’impédance d’un câble et sa résistance en série ont une influence directe sur le facteur d’amortissement que l’amplificateur peut exercer sur l’enceinte. Plus la résistance en série est faible, plus l’ampli garde un contrôle serré sur le mouvement du haut-parleur, surtout dans le grave. C’est là que la section plus généreuse de Brave Heart prend tout son sens, particulièrement sur des enceintes difficiles et des longueurs de câble un peu plus importantes.
Un facteur d’amortissement bien préservé se ressent dans la fermeté du grave. Les impacts sont nets, les notes de basse sont bien séparées et on n’a pas cette sensation de flou dans le bas du spectre qui brouille l’image. Lorsque la résistance en série augmente trop, le grave peut se ramollir, traîner un peu, et la musique perd une partie de sa base rythmique.
On gagne donc à choisir un câble adapté à la longueur et au type d’enceintes, à serrer correctement les connexions et à éviter les couples d’amplis et d’enceintes déjà limites sur ce plan.
Permanent Molecular Optimization (PMO)
La PMO est un traitement qui vise à stabiliser les propriétés du câble à l’échelle moléculaire. L’idée est de soumettre le matériau à un processus qui réduit les variations de comportement dans le temps et limite l’importance des longues périodes de rodage. Le câble arrive ainsi déjà dans un état proche de sa forme optimale et évolue beaucoup moins avec les heures d’écoute.
Son impact est de rendre la signature sonore plus stable et plus prévisible. On n’a pas l’impression que le câble change de caractère d’une semaine à l’autre. Cela facilite le travail d’optimisation du système, parce que l’on sait que ce que l’on entend aujourd’hui sera très proche de ce que l’on entendra demain.
Dans l’usage, cela signifie qu’après une courte période de mise en route dans votre propre système, le câble restera remarquablement constant. Il suffit ensuite de le laisser en place, de lui éviter des manipulations inutiles et de profiter de cette constance pour affiner le reste de la chaîne.
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Christian Lafleur | Chroniqueur spécialiste Audio/Vidéo
« Passionné de musique et de haute-fidélité depuis plus de 20 ans, j’ai accompagné de nombreux mélomanes dans le choix de leurs systèmes audio. Avant de me joindre à l’équipe de Laliberté Électronique en juin 2025, j’ai occupé les fonctions de concepteur-rédacteur et chroniqueur en audio/vidéo de 1990 à 2002, puis de conseiller haute-fidélité et directeur des ventes & marketing chez Audiolight de 2002 à 2025. Aujourd’hui, à travers mes blogues, je mets à profit mon expérience et ma passion pour partager mes découvertes, conseiller et inspirer tous ceux qui souhaitent vivre une expérience d’écoute unique. »
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